Zones de fréquence cardiaque
Votre montre dit zone 2, votre application dit zone 3, et les deux ont raison dans leur propre modèle. Ce calculateur affiche les deux côte à côte : le découpage classique en pourcentage de FCmax, et l'endroit où les seuils se situent réellement chez nos athlètes mesurés.
Les deux découpages ci-dessus ne sont pas deux versions du même modèle : ce sont deux modèles différents. Le premier découpe une fréquence maximale en tranches de dix pour cent. Le second part de vos seuils physiologiques : l'endroit où votre métabolisme bascule. Rien n'oblige les deux à coïncider, et chez la plupart des coureurs ils ne coïncident pas.
Chez nos 232 athlètes mesurés, le premier seuil se situe en médiane à 85 % de la FCmax, avec une étendue de 72 à 96 %. Une règle en pourcentage fixe ne peut pas couvrir vingt-quatre points d'écart.
232 tests en analyse des gaz sur des coureurs entraînés venus se faire tester, données anonymisées. Méthodologie et limites.
Pourquoi les applications se contredisent
Il existe deux familles de découpage, et elles ne répondent pas à la même question.
Le découpage en pourcentage de FCmax est celui des montres grand public. Il est simple, universel, et ne demande qu'un seul chiffre. Sa faiblesse est là : il suppose que tous les coureurs basculent d'un régime métabolique à l'autre au même pourcentage.
Le découpage par seuils part de deux points mesurés : le premier seuil, où la ventilation décroche une première fois, et le second, où l'accumulation de lactate devient irréversible. Ces points sont propres à chaque individu.
Quand votre montre annonce « zone 2 » et qu'une autre application annonce « zone 3 » pour la même sortie, ce n'est pas qu'une des deux se trompe : elles n'utilisent pas le même modèle, et parfois pas la même FCmax.
La formule 220 − âge : juste en moyenne, fausse individuellement
Nous avons comparé la FCmax réellement mesurée à la formule chez 217 de nos athlètes.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Écart médian entre mesure et formule | + 1 bpm |
| Écart-type | 9,8 bpm |
| Écart supérieur à 10 bpm | 26 % des athlètes |
| Écart supérieur à 20 bpm | 4 % des athlètes |
La formule est donc sans biais : appliquée à un groupe, elle tombe juste. Appliquée à une personne, elle se trompe de plus de dix battements une fois sur quatre. Et comme toutes vos zones en découlent, l'erreur se propage à chaque séance.
Où se situent réellement les seuils
| Seuil | Médiane | 80 % des athlètes | Étendue observée |
|---|---|---|---|
| Premier seuil (SV1) | 85 % de FCmax | 79 – 90 % | 72 – 96 % |
| Second seuil (SV2) | 93 % de FCmax | 89 – 97 % | 85 – 99 % |
Ces valeurs décrivent nos athlètes : des coureurs entraînés qui ont fait la démarche de venir se faire tester. Ce n'est pas la population générale, et ces pourcentages sont plus élevés que ceux habituellement rapportés dans la littérature, établie sur des populations différentes. Ils sont donnés comme repères de dispersion, pas comme une norme.
Le point à retenir n'est pas la médiane, c'est l'étendue : vingt-quatre points séparent le premier seuil le plus bas du plus haut. Aucun pourcentage fixe ne peut décrire cela, quelle que soit la valeur choisie.
Questions fréquentes
Pourquoi ma montre et mon application ne donnent pas les mêmes zones ?
Parce qu'elles n'appliquent pas le même modèle, et parfois pas la même fréquence cardiaque maximale. Un découpage en pourcentage de FCmax et un découpage par seuils ne peuvent pas coïncider. Ce n'est pas un défaut d'une des deux applications : c'est une différence de définition.
La formule 220 − âge est-elle fiable ?
Sur un groupe, oui : chez nos 217 athlètes dont la FCmax a été mesurée, l'écart médian avec la formule est de +1 bpm. Individuellement, non : l'écart dépasse 10 battements chez 26 % d'entre eux et 20 battements chez 4 %. Comme toutes les zones se calculent à partir de ce chiffre, l'erreur se propage.
Comment connaître ma vraie FCmax ?
Elle se relève lors d'un effort maximal, pas par une formule. Un test progressif jusqu'à épuisement, encadré, donne la valeur réelle. Les pics relevés au cours d'un entraînement classique sous-estiment presque toujours la valeur maximale.
Faut-il s'entraîner en zones de fréquence cardiaque ou en allures ?
Les deux se complètent. La fréquence cardiaque reflète la contrainte interne et dérive avec la chaleur, la fatigue et l'hydratation ; l'allure reflète le travail produit et ne dérive pas. Sur séance courte l'allure est plus stable, sur effort long la fréquence cardiaque raconte mieux ce qui se passe.
Mes zones changent-elles quand je progresse ?
Oui, mais pas comme on le croit. La FCmax varie peu avec l'entraînement : elle décline lentement avec l'âge. Ce qui se déplace, ce sont les seuils : ils remontent vers la fréquence maximale. Un découpage figé en pourcentage de FCmax ne capte pas ce déplacement.
Vos pourcentages de seuils sont plus élevés que ceux que je lis ailleurs, pourquoi ?
Parce que notre population n'est pas celle des études classiques : ce sont des coureurs entraînés qui ont choisi de venir en laboratoire. Nous publions ces chiffres comme repères de dispersion observés chez nos athlètes, et non comme des normes applicables à tous. C'est aussi pour cela que nous insistons sur l'étendue plutôt que sur la médiane.
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Mise à jour le · LE LAB, centre de performance endurance, Paris.